AutoLogic ou le Grafcet appliqué aux automate programmables industriels communs.

Il n'en est pas fait mention ailleur sur ce site mais j'ai fait un baccalauréat en ingénierie dans le domaine de l'électricité/automatisation dimplômé de 1984.
Pendant ce cours, nous avions élaboré sur les techniques de conception de logiques combinatoires et séquentielles qui sont à la base de la conception des circuits séquentiels synchrones ou plus communément, les processeurs. Cependant, nous en restâmes sur le plan théorique de sorte qu'une fois arrivé devant un terminal d'automate programmable industriel (API) lors de mon arrivée sur le marché du travail, je me suis retrouvé devant une absence totale de structure.
À ce moment là, les programmes d'API étaient peu documentés et on tentait alors d'exprimer des séquences sous forme de logigramme qui eux étaient destinés à exprimer de façon graphique les logiques combinatoires. Bref, le résultat était inutilisable et d'une futilité incroyable.
J'ai oeuvré près de 3 ans dans ce capharnaüm avant de trouver le chaînons manquant entre les diagrammes d'états utilisés en conception de processeur et le GrafCET (pour Graphe Commande Étape-Transition). Il faut dire qu'à ce moment, la littérature qu'on retrouvait sur le Grafcet gravitait exclusivement sur la conception de logique à relais cablée qui diffère du langage de diagramme en échelle retrouvé sur les API. Je ne trouvais pour appliquer cet outil à l'API avec toutes les particularités spécifiques à chaque manufacturier.
Entre 1987 et 1990, j'ai eu la chance de travailler sur un API TSX17 de Télémécanique qui avait un interpréteur Grafcet intégré et ça a confirmé ma conviction que le grafcet devait être appliqué dans la conception des séquences d'automatismes.
Durant ces années, CADEPA avait tenté une percée en proposant un compilateur grafcet pour quelques marques d'API. Cet outil avait cependant un défaut de taille: à chaque changement de programmation, il fallait arrêter l'API pour recharger le nouveau programme modifié. À mon sens, c'était impossible à concilier dans une usine en opération 24/24.
>Fort de ces connaissances et des recherches réalisées, je suis arrivé à l'été de 1988 à définir toutes les règles de compilation de grafcet pour en faire du diagramme en échelle d'API. Ainsi, plus besoin d'arrêter l'API pour faire une modification dans le programme. Cette méthode a littéralement changé la face du monde de l'automatisation industrielle. Elle s'appelle AutoLogic.
AutoLogic est maintenant enseignée dans toutes les bonnes écoles techniques du monde. Partout où je vais au monde, on applique cette méthode. À ce que j'ai su, un dérivé d'Autologic est même utilisé par la NASA pour certains satellites et engins spatiaux expédiés dans l'espace.
Le succès d'Autologic vient de la difficulté du cerveau humain à gérer plusieurs situations simultanément et d'en évaluer les conséquences dans le futur. De par son concept, le Grafcet force une définition clair et décortiquée des états du procédé et une fois compilé, confère à l'ordinateur toute sa splendeur de réalisation multi-tâche. Autologic permet aussi de dépersonnaliser la programmation.
À l'inverse de la logique combinatoire, Autologic donne une compilation fondamentalement épurée. Pas besoin d'utiliser les tables de Carnaugh et la logique Booléenne pour condenser le résultat. La raison en est fort simple: si le procédé ne change pas et qu'il correspond exactement au besoin, il n'y a pas d'autre solution de programmation que celle proposée par le Grafcet qui est à l'origine de son contrôle. Par conséquent, sa compilation ne peut pas être plus simple non plus.
Ce projet a très certainement été ma plus grande contribution au monde scientifique et industriel. Lorsque j'ai publié Autologic, j'avais 27 ans.
Aujourd'hui (2009), toute bonne marque d'API que se respecte contient un interpréteur Grafcet interne.
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